Quand on a commencé à formuler SOREN, on avait une règle simple.

Une seule.

Si on ne peut pas l'expliquer en une phrase, ça ne rentre pas.

Ça paraît évident dit comme ça. En pratique, ça nous a coûté des mois.

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Parce que le monde de la formulation cosmétique ne fonctionne pas comme ça. Il fonctionne à l'inverse. On commence avec une liste d'ingrédients disponibles — longue, très longue — et on retire ce qui pose problème. On garde le reste par défaut.

Nous, on a inversé la logique.

On a commencé avec une page blanche. Et on n'a ajouté que ce qu'on pouvait justifier. Ce dont la peau avait besoin. Ce qui portait le parfum sans l'agresser. Ce qui tenait. Ce qui sentait vrai.

Tout le reste, on l'a refusé.

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On a refusé les conservateurs agressifs.

Il y en a partout. Dans presque tous les cosmétiques. Certains sont nécessaires — la conservation, c'est important. Mais certains conservateurs sont là uniquement pour simplifier la vie du fabricant. Pas pour protéger ta peau. On a cherché des alternatives. On en a trouvé. On a pris le temps de les intégrer correctement.

On a refusé les fixateurs synthétiques lourds.

Certaines molécules fixent le parfum sur la peau de manière spectaculaire. Elles font de bons résultats en test. Mais leur profil de sécurité à long terme nous posait des questions. Des questions que personne dans l'industrie ne semblait vouloir poser à voix haute. On a choisi de ne pas les utiliser. Même si ça nous coûtait un peu de tenue.

On a refusé l'alcool.

Pas seulement par conviction religieuse — même si ça, c'est non négociable pour nous. Mais parce que l'alcool dans un parfum, c'est un choix industriel, pas un choix olfactif. Il sèche vite. Il projette fort au premier instant. Puis il disparaît. Et souvent, il dessèche. Il irrite. Il attaque exactement ce qu'il est censé embellir.

Un roll-on à l'huile ne nécessite pas d'alcool. La formule tient seule. Elle tient même mieux.

On a refusé les listes interminables.

Six ingrédients. On aurait pu en mettre vingt. Trente. Certaines formules qu'on a développées en contenaient plus. Elles sentaient bien. Mais on ne pouvait plus tout expliquer. On ne pouvait plus répondre à la question « pourquoi celui-là ? » pour chaque ligne.

Alors on a coupé. Encore. Et encore.

Jusqu'à ce qu'il ne reste que ce qui avait une raison d'être.

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Ce processus a pris du temps. Beaucoup plus qu'on ne l'avait prévu. On a formulé, retesté, reformulé. On a eu des versions qui sentaient extraordinaires mais qu'on a abandonnées parce qu'on ne pouvait pas les défendre entièrement.

C'est ça, le vrai prix de la transparence.

Ce n'est pas juste d'afficher une liste d'ingrédients. C'est d'être capable de justifier chaque ligne. Devant vous. Devant n'importe qui.

Et s'il y a un ingrédient pour lequel on ne peut pas faire ça — on ne le met pas.

C'est la règle. Elle n'a pas changé depuis le premier jour.

Loïc Moundanga
& Saadou Barry
Fondateurs Soren